ou le récit de la réussite de Pedro Winter, touche à tout génial, avec un féroce sens des affaires.

L’été est plutôt morne au bureau. L’activité elle même est partie en vacances et les quelques pelés qui restent n’ont qu’une envie: partir. Du coup cette période est très propice aux découvertes musicales, parce que quand le téléphone ne sonne pas, que la boîte de réception Outlook est désespérément vide et que le seul collègue qui reste s’est octroyé un petit somme, ben il ne reste plus que la musique pour ne pas aussi sombrer.

Du coup, l’été étant aussi la période des festivals, on se console en attendant le week end et son lot de fééries en se remettant un bon vieux java qu’on verra deux jours après aux solidays. L’été c’est aussi le moment de l’ivresse, de l’insouciance, puisque c’est le retour de la liberté enfantine. On s’habille peu, le jour dure plus longtemps… Aussi les nuits durent plus longtemps et l’état d’esprit est à la fête, au partage. C’est dans ce cadre là que s’inscrivent les festivals, ces grands regroupement de personnes, où il fait bon ne pas être agoraphobe.

Pour ma part l’été fût plutôt faible en festivals. Je ne me suis rendu qu’au seul évoqué plus haut, mais celui-ci fût riche en découvertes et en émotions. Je passerai rapidement sur les grands classiques, vus plusieurs fois pour certains, mais que l’on retrouve avec plaisir tant l’énergie communiquée est positive. Je pense bien entendu à Dub Inc., Patrice, Asian Dub Foundation (qui sort un nouvel album la semaine prochaine Punkara), IAM, Java… Que de bons moments! Les découvertes sur scène furent tout aussi nombreuses: Beat Assaillant, Missill (un pur concentré de bonheur ce petit bout de femme!), Beat Torrent et bien sur le collectif ED BANGER dont je vais vous parler un peu plus dès maintenant.

ED BANGER, ce sont quelques artistes regroupés dans ce collectif par son créateur, le génial Pedro Winter, a.k.a. Busy P, ancien manager des Daft Punk, et grand chantre de la musique électronique parisienne. Il côtoie David Guetta et Laurent Garnier au début des années 90 et commence à organiser des soirées à ce moment là (les soirées HYPE au folie’s Pigalle, c’était lui.). Je ne vais pas rentrer dans le détail exact de sa bio, parce qu’il y aurait beaucoup à dire, mais je vais plutôt m’attarder sur la genèse d’ED BANGER.

Au départ, Pedro Winter est approché par le fameux groupe Daft Punk qui recherche à l’époque un manager. Pedro sent le potentiel de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo. Ca se passe en 1996, et on connait le succès planétaire que le groupe a rencontré. Prenant goût à ses fonctions managériales, Pedro monte sa propre société, Headbangers Entertainment, qui se dédie à la gestion d’artistes aussi divers et fameux que Cassius ou DJ Mehdi. C’est à la suite de cette création, et parce que ses platines le titillent que Pedro reviendra à ses premières amours, la production musicale, sous le pseudo de Busy P. Et l’engouement créé auprès du public des groupes qu’il gère, ainsi que ses relations dans le milieu de l’électro française, vont le pousser à monter une structure pour lancer de nouveaux talents: ED BANGER RECORDS.

Au sein de l’écurie ED BANGER, on retrouve une dizaine d’artistes, avec des influences variées mais tous animés par un formidable sens du spectacle et une volonté affirmée de faire bouncer l’auditoire. Les membres du Label sont: Justice (que l’ont ne présente plus), DJ Mehdi (issu du hip hop, rappelez vous, c’était le DJ du 113, Feadz, Uffie (qui ont joué tous les deux pour le concert organisé lors de la Human Race par Nike à Paris), Mr Oizo ( la peluche, ça vous dit quelque chose?:) ), DSL (un groupe de rap proche des Svinkels notamment par leur collaboration à l’album Gran Bang pour Qhuit.), Vicarious Bliss, SebastiAn et j’en passe…

Si j’ai décidé de vous parler d’ED BANGER, à la lumière de ce que j’en ai aperçu lors des solidays, c’est d’abord pour le côté artistique intéressant du label. Le titre de cet article mets en exergue la fraîcheur de leur son, qui n’est pas définissable en tant que tel tant les personnalités de chacun et les influences sont diverses. Certains viennent du hip hop, d’autres affichent des influences plus pop ou rock, tout cela à la sauce électro. C’est cette alchimie, ce mélange de genres qui rend leur son intéressant. A l’heure actuelle, mais ça reste très subjectif, je m’intéresse à tout type de musique, et je me rends compte que je me penche de plus en plus vers des expérimentations, des rencontres musicales donnant naissance à des sonorités nouvelles, hybrides, à des chimères musicales dont le seul lien est de pousser le mélange de genres, de pratiquer un échange systématique de nombreuses influences. Les plus grosses claques que j’ai prises ces dernières années furent le son Grimey de East London (rencontre entre le son jungle/garage dirty des raves et le lyrics affutés des jeunes MC’s anglais), les live d’n’b appuyés par des MC’s survoltés, Pendulum pour son son drum’n’bass résolument tourné vers le rock, la pop et la teck, et les sons électro français de la nouvelle vague dans laquelle s’inscrit le label ED BANGER. repousser les frontières créatives semble le point commun de ces différents exemples que je viens de citer, et c’est dans cette démarche de métissage que je trouve mon épanouissement musical.

L’autre raison qui me fait vous parler d’ED BANGER est plus un exemple de réussite dans le milieu de la musique. Une carrière en fait. Pedro Winter est passé tour à tour par les platines, puis par le management (on a vu ce qu’il a fait de Daft Punk ou Cassius) puis est revenu à ses premières amours, sous le pseudo Busy P, tout en gardant un pied dans la production (le label), le management (headbangers entertainment) et finalement l’édition musicale avec Headbanger Publishing, qui a produit entre autres l’album Epiphanie de Para One. Là encore la logique de métissage musical est respectée, quand on sait que Para One fait plus ou moins partie du groupe de rap (?!?) TTC, dont il produit des morceaux et avec qui il pose sa voix sur le dernier album en date, 3615 TTC. C’est donc cet esprit entrepreunarial qui m’intéresse dans le label. En s’appuyant sur un réseau de connaissances dans le milieu, dans son expérience de la culture électro française et en se nourrissant de beaucoup d’influences différentes que Pedro a réussi son pari, faire germer une nouvelle vague, fraîche, créative et dynamique, qui n’a pas fini de faire parler d’elle!

Pour finir en beauté, je vous laisse à l’interview de Pedro, parue en 2006 sur le site 90BPM. Qui mieux que lui pourra conclure cet article et nous parler sans détours de ses poulains?

Keep rollin’ deep!!!


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